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Mars et Vénus : à vous de jouer

Coécrite par Sylvain Larocque et Stéphane E. Roy et mise en scène par Josée Fortier, dont la réputation n’est plus à faire, cette comédie participative met dorénavant en vedette Sylvie Boucher dans le rôle de Mélanie qui accompagnera Sylvain Larocque, dans le rôle de Félix.

Revêtant un caractère hybride entre le spectacle d’humour et la pièce de théâtre, Mars et Vénus projette sur scène une histoire d’amour entre un gars et une fille, classique s’il en est une, née un soir, tard, dans un bar. Des frustrations, des attentes, des non-dits… Et des clichés ! La fille est un peu naïve, rêve du bungalow de banlieue qui vient avec deux enfants, un chien, un chat et une piscine; et le gars, peu émotif, sportif de salon, s’amuse avec des jeux électroniques et vit dans un 4 ½ à l’envers.

Une histoire simple, mais attention ! À partir du canevas de base, les personnages peuvent prendre 64 chemins différents sous les votes du public, qui éprouve un malin plaisir à tirer les ficelles du destin de Mélanie et de Félix.

Qui fera les premiers pas ? Auront-ils des enfants ? À six reprises, Stéphane E. Roy, convaincu du bien-fondé de sa présence, arrête tout sur scène pour orienter le couple vers la séparation ou la réconciliation, l’orgasme ou la frustration, la demande en mariage par l’homme ou par la femme. Les protagonistes se plient à l’imagination dramatique, ou du moins à la malice, de l’auditoire, constamment sur le qui-vive, et l’intérêt réside autant dans ces réponses que dans les réactions des comédiens, qui semblent drôlement s’amuser.

En résumé, Mars et Vénus est une œuvre audacieuse, truffée de rebondissements, présentée telle une thérapie de couple qui ne se prend pas au sérieux, menée dans une énergie discontinue de stand up comic, proposant une abondance de gags savoureux et d’observations perspicaces sur notre commerce avec l’amour et le bonheur.

Mars et Vénus : un hybride de romantique et de dérision apportant une bouffée d’air frais dans le monde parfois empesé du théâtre.

 

MARCIEL HALLUCINE

Texte de Monic Lessard
Marciel Hallucine porte bien son titre, puisque c'est l'histoire de Marciel qui hallucine, et nous avons le privilège de voir ses hallucinations, c'est l'essentiel de la pièce.

Marciel, jeune cultivateur, éprouve des fixations sur le Moyen-Age et finit par développer un comportement qui réussit à mettre à bout ses amis et voisins.

C'est pourquoi on lui suggère de se rendre à un bureau donné et la scène se passe principalement dans une salle d'attente, où attend en autre Miou Miou ( sur écran seulement on s'entend ), pour des services professionnels dont on ignore la spécialité.

Deux plans, le direct et l'écran.

Le spectacle est un chassé-croisé de Marciel réel ou halluciné et quelques autres comédiens en apparition très brève, exécuté avec une synchro remarquable en passant de la scène à l'écran. Cela ne peut pas se décrire, il faut voir.

Malgré un départ assez modéré sur un ton très européen qui nous fait croire que ca ne lèvera pas , dès que l'action se met vraiment en branle notamment avec le numéro d'Elvis, on embarque complètement, et on découvre à partir de ce moment le réel talent de l'artiste. De plus il faut saluer le travail du technicien à la console qui a un travail de synchro, d'éclairage et de son étonnant à réaliser.

Hollogne est un metteur en scène original, je le trouve très bon comédien, en plus d'être excellent chanteur et musicien, voire même danseur.

Somme toute, Marciel hallucine est un spectacle intelligent, très original, surprenant, en moment de folie , et nous garde en haleine jusqu'à la toute fin...


Texte de Suzanne Dupuis

« Révélation », c’est quatre comédiens qui jouent quatre pièces, l’une à la suite de l’autre. Un court arrêt entre les pièces, le décor se dévoile progressivement et les comédiens reviennent sur scène à tour de rôle dans un nouveau personnage.

Les textes surprennent par leur actualité et leur teneur. Ils couvrent un large éventail de faits divers ayant des répercussions sur les personnes. On y parle de réalisation, d’un pays, d’handicap, d’agression, de meurtres.

Dans la première pièce « Rêver la Sion », le texte est livré très rapidement. Il y a un cadavre, un enquêteur, on parle d’un écrivain. C’est un enchevêtrement de répliques, les comédiens exposent leurs pensées et leurs défenses, ils ne s’écoutent pas et pourtant leurs dialogues sont chargés de sens.

Dans « Les filles des trous perdus », on découvre deux versions d’une même situation. Deux hommes, accompagnant des femmes handicapées abordent un sujet délicat avec un langage très direct. En même temps, en arrière plan, les deux femmes livrent les drames qu’elles ont vécus. Ici encore il faut être très attentif, deux versions d’une même scène avec des messages pathétiques, il faudra prendre le temps d’y réfléchir.

La 3ième pièce « Le Messie » nous présente un dialogue entre deux hommes qui, à partir d’un fait divers, presque anodin, veulent transformer le monde. Nous passons du rire au drame, drôle au début de les voir s’enflammer et triste à la fin de les voir se déchirer.

À la dernière pièce, les comédiens poursuivent leur prestation dans « Au fond des bois ». Cette pièce débute aussi de façon légère, un aperçu de souvenirs heureux d’une famille. On est transporté tout à coup dans une guerre de clans, la même famille transformée par la contrebande et les intrigues.

Ces enchaînements de pièces nous démontrent la grande capacité des acteurs de passer d’une pièce à l’autre, de prendre vie en quelques minutes dans des personnages très différents.

« Révélation » est surprenant, on en sort essoufflé, plein d’images dans la tête et avec le goût de lire les textes pour en comprendre tous les sens. Une pièce à revoir, des textes à lire, « Révélation » aura sûrement une longue vie !




Le peintre des Madones
Mise en scène : Serge Denoncourt

Distribution : huit interprètes dont Annie Charland, Germain Houde, Caroline Lavigne, Renaud Paradis et Évelyne Rompré

Pour sa nouvelle création Le peintre des madones ou la naissance d'un tableau, Michel Marc Bouchard s'est inspiré d'un fait réel : la création, par un peintre italien de passage au Lac Saint-Jean dans les années 50, d'une fresque dans l'église de son village. Transposée à la scène, l'histoire se déroule au même endroit mais à une autre époque, dans un village qui tient davantage de la fable que de la réalité historique même si des éléments de l'histoire en sont partie prenante.

Révélateur de passion
Paroisse Saint-Coeur de Marie, fin de la Première Guerre mondiale. Pour tenter d'éloigner de sa paroisse l'épidémie de grippe espagnole, le jeune prêtre du village commande à un peintre italien une fresque dédiée à la Vierge Marie. L'arrivée de l'artiste étranger et la création de l'oeuvre va révéler, bouleverser et transfigurer le destin et la vie de chacun des personnages, de même qu'à la fin, le tableau illustrera leurs propres chemins de croix.

Certains personnages sont fascinants et auraient pu être une histoire à eux seuls tant ils sont dramatiquement riches. À commencer par le médecin, cannibale de la beauté à la recherche du siège de l'âme, à la fois épris, méprisant et repoussé du coeur des femmes, Marie-des-morts, la jeune sorcière, qui aide les mourants à lui confier leur secret afin qu'ils puissent trépasser en paix, ou encore Marie-Louise, qui lit dans les draps, dans leurs plis, leurs froissements et leurs odeurs, le sort des hommes au sortir de leurs nuits. En l'état, ils demeurent toutefois des fragments d'une oeuvre davantage préoccupée par ses propres fantasmes que par eux.

Commentaire de Monic Lessard
La pièce m'a émue, effrayée et n'a surtout pas manqué de me captiver.
La force est dans le ficelage de la mise en scène qui nous absorbe tout au long de la pièce. Mise en place des personnages bien amenée, gradation vers le démantèlement amené par le peintre, le médecin et la maladie qui ont tôt fait de nous plonger dans un monde noir et négativement réaliste.
Ajoutez à cela la qualité des personnages: l'ange est tout simplement surréaliste et je salue la qualité de l'interprétation de l'acteur.

Les jeunes filles donnent le ton à l'énigme et ne manquent pas de nous faire rire franchement avant que nous soyons amenés vers le chaos, car ces rires précèdent le chaos et à ce stade on ne sait pas encore ce qui nous attend. Le curé est franc et transparent, même comique et nous apparaît comme un être beau et sain dans ce village retiré. Le curé est désabusé et ivrogne et contribue à abaisser les élans du jeune curé naïf.

La scène osée du peintre avec la madone qu'il a élue parmi les jeunes filles, a sûrement choqué certains spectateurs car elle est le début du malheur au village, du fait que ce peintre transforme la madone qui se doit d'être vierge en jeune amoureuse déflorée et la défloration est la raison de cette scène osée. Dès lors la pièce changera de ton, la madone de discours, le peintre de ferveur.

Le curé qui tenait tant à ornementer son église d'une fresque réalisée par le peintre italien venu d'outre-mer voit donc son rêve tourné en cauchemar de par le scandale de la madone, ses paroissiens décimés par la grippe espagnole, maladie amenée par les soldats qui parlent anglais mais toussent en espagnol, et le curé finit donc par demander pardon pour sa vanité avant de tourner à la folie. La pièce atteint son paroxysme avec une finale jetant les projecteurs sur les personnages de la pièce en position de fresque. Ce moment est très émouvant car nous nous retrouvons devant une madone maudissant la terre de sa main droite, le visage caché, fleurs fanées au bras gauche, l'ange difforme à ses pieds, le curé dévisagé par le docteur qui lui a volé son visage...pour le transposer sur celui de la madone déflorée.

Le texte nous a paru en certains moments un peu trop dense, mais quoi qu'il en soit la force de la mise en scène et de l'histoire nous mène en bout de ligne sur une réflexion sur l'Homme, sur sa bonté ou sa bêtise.



L'inoublié ou Marcel-pomme-dans-l'eau :
un récit-fleuve
Du 18 au 29 janvier 2005

Théâtre Périscope
À Québec, quelque part entre le sous-sol de l’Épicerie Pomerleau et le bord de la piscine du YWCA, il y a Marcel, un enfant dont l’existence est jalonnée par les blessures, les bonheurs, les idoles de la télévision, la peur de mourir et le désir profond de devenir invincible comme son grand frère. Avec ce récit lumineux, le conteur chevronné qu’est Marcel Pomerlo nous transporte au cœur de son enfance et nous livre une touchante réflexion sur les multiples deuils qui traversent nos vies. /// Production marquante de l’année 2003, le spectacle se déploie comme une bouleversante autofiction, imaginée et interprétée par un comédien qui foule les planches des théâtres québécois et européens depuis vingt ans. Marcel Pomerlo dévoile peu à peu son récit, modifiant en même temps l’espace de jeu et donnant vie aux accessoires qui l’entourent. Jouant majestueusement avec les mots, les silences et les émotions, le comédien nous livre un flot de souvenirs, de questionnements et autant de petits moments de grâce. ///
Texte publié – Éditions du Lilas, 2003

 

LA MÉMOIRE DE L'EAU

De : Shelagh Stephenson
Traduction de : Michel Dumont, Marc Grégoire
Avec : Markita Boies, Henri Chassé, Marie-France Marcotte, Marie Michaud, Marie-Chantal Perron, Claude Prégent
Mise en scène : Monique Duceppe

Thérapie familiale
Les souvenirs familiaux ne sont pas interprétés de la même manière selon le rang que l'on occupe, affirment certaines théories psychanalytiques. Ces trois soeurs, imaginées par l'auteure Shelagh Stephenson, sont confrontées à ce phénomène. Pour faire le deuil de leur mère, elles se retrouvent dans la maison familiale, face à leur passé, à ce qui les distingue et à ce qui les oppose.

Archétypes

Les soeurs Mary, Térésa et Catherine sont aussi différentes l'une de l'autre dans leur façon d'être que de voir les choses. Mais elles ont en commun cette mère, qu'elles ont subie. Une mère autoritaire qui a laissé des traces. L'une après l'autre, elles évoqueront les souvenirs de cette relation difficile, révélant au passage des moments que les autres ignoraient.

Allégorie
Et l'eau, pourquoi ce titre? Parce que l'eau, contrairement à la mémoire, n'oublie pas. Même traitée de toutes les façons, l'eau conserverait ses propriétés premières. Comme ces soeurs aux vies si différentes. Bien qu'elles s'efforcent d'afficher leurs différences, qu'elles se lancent au visage les pires insanités, elles retrouveront ce sentiment indéfinissable qui fait que l'on sait qu'on est de la même race... ou de la même famille.

Site internet : www.sallealbertrousseau.com

La pièce tourne autour des retrouvailles émotives de trois soeurs à l'occasion des funérailles de leur mère. Bien des souvenirs refont surface dans la chambre à coucher de la défunte, chaque sœur se remémorant les événements du passé avec sa vision propre.

L'aînée, obsédée de l'ordre prend toute l'organisation en main et dévoile, sous l'effet de l'alcool, des secrets qui n'ont jamais été partagés. La seconde, une fille survoltée mène une vie de bohème et avoue ses chagrins de dépendance affective, alors que la petite dernière, femme de carrière désespère de recréer sa propre cellule familiale.

Une pièce qui débute dans un décor et une ambiance style 'Les beaux dimanches', démarre lentement. Après une fin de premier acte remplie d'humour, la deuxième partie est beaucoup plus intense et transporte le spectateur entre la réalité et les illusions de chaque personnage. Très bon jeu des comédiens de talent qui ont une belle complicité sur scène. Il nous restera de bons souvenirs et des questionnements qui font réfléchir sur le manque de communication de notre monde moderne. J'ai bien apprécié.
Commentaire de Jean-Pierre Royer

 

Le Théâtre de La Manufacture présente
DOLDRUM BAY
De
Hilary Fannin
Traduction de
François Létourneau
Mise en scène de
Philippe Soldevila

Dans la continuité de son exploration de la dramaturgie irlandaise, du 19 octobre au 27 novembre prochains, le Théâtre de La Manufacture est heureux de présenter une première production francophone de Doldrum Bay, une pièce de l’auteure Hilary Fannin dont l’humour sied parfaitement au style de son traducteur François Létourneau et qui rencontrera le regard allumé du metteur en scène Philippe Soldevila.

Francis, un publicitaire de talent quitte son emploi pour accoucher d’un premier roman, mais il ne fait qu’en assurer la promotion au lieu de l’écrire. Sa conjointe, Magda, pleure la mort imminente de son père, un peintre de renom. Ce deuil à venir devient un nouveau prisme à travers lequel elle regarde et questionne sa vie. Pour Chick, ami et collègue de Francis, tout est sur le point de s’écrouler : à 40 ans, il se sent usé et dépassé, tout comme sa femme, Louise, dont toutes les tentatives pour « se sentir mieux » se soldent par un échec.

Humour mordant et situations incongrues sont au menu de cette comédie douce-amère qui jette un regard malicieux et percutant sur l’amour et le couple, qui parle avec justesse de nos désillusions, de nos fuites et de nos futilités et qui fait état du monde dans lequel nous vivons.

DOLDRUM BAY
du 19 octobre au 27 novembre 2004,
du mardi au samedi à 20h et le mercredi à 19h
LA LICORNE 4559, Papineau, Montréal, 514-523-2246, www.theatrelalicorne.com


ARTISSE
présenté au Théâtre L'ACTUEL
jusqu'au 4 septembre

Comédiens :
Olivier Normand (Max)
Claude Montminy (Charles)
Sylvain Perron (Robert et Philippe)
Lucie Trotier (Rachel)
Marianne Richard (Mireille)
Metteur en scène : Marco Côté
Production Denis Boulé

 

Charles ne sait pas grand-chose de la vie et s’en préoccupe peu. Il se laisse vivre au gré du temps grâce à un petit héritage que ses parents lui ont laissé. Il garde chez lui son seul ami, Max, un diplômé frustré qui ne réussi pas à se trouver un emploi stable et digne de ses études. Leur vie prend un tournant fatidique lorsqu’un huissier sans scrupule débarque pour saisir leur demeure. L’instinct de survie s’installe alors chez nos deux comparses. Ils doivent trouver une solution au plus vite pour renflouer les coffres, ils leurs vient alors une idée de génie ! : Donner des cours de théâtre à qui le voudra bien. L’appât du gain est facile, tant de gens veulent devenir des vedettes ! Ils se retrouveront donc avec Philippe, un passionné de théâtre atteint du syndrome de la Tourette ; Mireille, une petite fille naïve, prête à bien des sacrifices pour se voir en première page de magazines populaires ; et Rachel, une femme au fort caractère, qui a beaucoup plus d’argent que de talent t qui désire fuir à tout prix l’héritage paternel… Le plus gros élevage de porcs du Québec ! Ensemble ils arpenteront de nouveaux chemins, encore inconnus, pour atteindre la consécration ultime… être un ARTISSE !

Qui dit théâtre d’été, dit rire à profusion
texte de Jean-Pierre Royer

Cette pièce ne fait pas exception à cette règle, au contraire. Marco Côté offre aux spectateurs le plaisir renouvelé du théâtre d’été. Une pièce simpliste et charmante qui saura conquérir le cœur de plusieurs.

Les personnages sont savoureux et chaque comédien rend tellement bien son personnage qu’il ne nous donne pas l’impression de jouer un rôle mais plutôt celle d’être lui-même (ou elle-même). Chacun d’eux nous donne l’occasion d’apercevoir une pointe d’authenticité à travers leur façon d’être : Charles n’a qu’une seule ambition soit celle de se laisser transporter par le mouvement de la vie ; Max donne l’impression d’être le seul qui a une certaine dose de réalisme ; Mireille est tellement naïve qu’elle nous donne l’envie de la protéger ; Robert et Philippe sont deux personnages diamétralement opposés et interprétés avec brio par un seul comédien ; Quant à Rachel, elle n’a pas beaucoup de texte mais ses présences sont tellement intenses que je ne serais pas surpris d’apprendre que c’est d’elle dont on se souvient le plus.
Non seulement Marco Côté, nous fait cadeau d’une excellente soirée avec des éclats de rire sincères. Le langage et les mimiques sont utilisés avec escient et il vous faudra être attentif au moindre petit geste sinon, certains rires vous échapperont. Point particulier, le spectateur a la possibilité de choisir la finale de la pièce entre « Lord of the mask (La malédiction du Pékapélados) » ou « Kill Pig (La vengeance de Rachel). Personnellement, j’ai plus apprécié la première mais ma compagne a préférée la deuxième, comme quoi tous les goûts sont dans la nature. Quoi qu’il en soit, ces finales sont des clins d’œil subtil à certains succès cinématographiques que vous reconnaîtrez facilement.

Bref, si vous en avez la chance, ne manquez pas cette pièce car elle est gage de rire et de plaisir. Je ne serais pas étonné si elle nous était présentée de nouveau l’été prochain.


 

du 12 au 24 mai à Québec

Le Carrefour international de théâtre

Le Carrefour international de théâtre, a lieu du 12 au 24 mai à Québec, explore des zones extrêmes, ralliant les classiques et les innovations, les
performances intimes et les spectacles à grand déploiement, les fous rires et les cris de rage...

Une programmation musclée composée d'une douzaine de créations québécoises magistrales et tonifiée par des productions étrangères éclatées et décapantes ayant connu un accueil dithyrambique à l'échelle internationale, en plus d'un volet jeune public. La vingtaine de productions qui déferleront sur Québec proviennent d'une dizaine de pays étrangers : la Lettonie, la France, la Hongrie, la Suisse, le
Mexique, la Belgique et les Pays-Bas, sans oublier bien sûr le Québec et le Canada.
En plus de la programmation en salles, des activités permettront à tous les spectateurs de vivre pleinement l'expérience d'un festival. Ainsi, le public pourra participer tout à fait gratuitement à des lectures publiques ainsi qu'à des entretiens avec les artistes, qui discuteront avec eux de leurs spectacles, de leur visions artistiques et de leurs démarches de création.
Dans le même désir de permettre aux festivaliers de participer activement au festival, le Carrefour instaure cette année un nouveau concept, celui du Prix du Reporter Public (PRP). En effet, le public sera invité à donner son appréciation des pièces auxquelles il aura assisté par l'entremise du site Internet du Carrefour ou par télécopie. La personne gagnante remportera un forfait pour l'édition 2005 des Théâtres d'Ailleurs.


Le Théâtre du Grand Jour,
en codiffusion avec
le Théâtre de La Manufacture,
présente

Cette fille-là
de Joan MacLeod
traduction d’Olivier Choinière

Du 23 mars au 17 avril 2004

Le Théâtre du Grand Jour est accueilli à La Licorne pour la présentation de Cette fille-là (The Shape of a Girl) de la dramaturge canadienne Joan MacLeod. Seule sur scène, Sophie Cadieux y incarne le rôle de Braidie, dirigée par Sylvain Bélanger, qui signe ici sa première mise en scène.

Braidie a quinze ans. Elle refuse d’aller à l’école et passe ses journées sur la plage, hantée par le meurtre d’une jeune fille de Victoria par une bande d’adolescentes. C’est là qu’elle replonge dans son passé, constatant que ses amies et elle ne sont pas si différentes ce celles qui ont commis l’impensable.

Cette fille-là dépasse la simple dramatisation de cet inexplicable code du silence et du phénomène des gangs chez les adolescentes qu'a soulevé le très médiatisé meurtre de Reena Virk, 14 ans, à Victoria en 1997, duquel la pièce s'inspire. En évoquant avec éloquence et compassion un monde dominé par toutes les formes collectivisées de la haine, cette pièce fait du théâtre un acte d'une rare responsabilité, s’inscrivant en lien direct avec la mandat du Théâtre du Grand Jour.

Toutes les pièces de Joan MacLeod – lauréate d’une quinzaine de prix dont celui du Gouverneur général – ont été jouées à travers le Canada, en Angleterre et aux États-Unis. Cette fille-là, son plus récent texte, a remporté le Betty Mitchell Award for Best New Play à Calgary et le Jessie for Best New Play à Vancouver. Son passage dans la langue française s’est effectué lors de la résidence de traduction du CEAD en septembre 2002. Également traduite en islandais et en finlandais, cette pièce, lors de sa création par le Green Thumb Theater, a connu un immense succès et a été jouée à plus de deux cents reprises à travers le Canada.

L’auteur Olivier Choinière, collaborateur de la première heure du Théâtre du Grand Jour (Autodafé en 1999), sait traduire l’âme et le déchirement de l’adolescence, dont l’intensité, la désinvolture et le trouble sont inhérents à cette période décisive de la vie. Son talent de traducteur a véritablement été révélé par son travail sur Howie le Rookie de Mark O’Rowe, production du Théâtre de la Manufacture.

Le directeur général et codirecteur artistique du Théâtre du Grand Jour, Sylvain Bélanger, mieux connu pour son talent de comédien (24 poses (portraits), Le passé antérieur et, à la télévision, Le cœur découvert) joue le rôle de rassembleur au sein de sa compagnie depuis sa fondation en 1998, ayant présenté les événements socio-théâtraux Mai 02, liberté à la carte, Le Sommet sur l’engagement ainsi que les pièces Le long de la Principale de Steve Laplante et 2025, l’année du Serpent de Philippe Ducros.

Sophie Cadieux, la pétillante Clara de Rumeurs et l’ado rebelle de Watatatow, connaît depuis sa sortie du Conservatoire d’art dramatique en 2001 une carrière théâtrale enviable. Gageons que sa première expérience solo dans Cette fille-là saura en marquer plusieurs, puisque ses passages dans les pièces Unity, mil neuf cent dix-huit et Les belles-sœurs ont déjà été chaudement applaudis.


 

du 16 mars au 10 avril 2004 à 20 h
au Théâtre Périscope

Québec, ­ Le Théâtre Sortie de Secours plonge dans l'envers du décor pour suivre le parcours des personnages ayant servi de toile de fond à la précédente pièce de Simone Chartrand et Philippe Soldevila. Alors que dans Le Miel est plus doux que le Sang on assistait à la naissance d'une révolution artistique, ¡Anarquista! met en scène les femmes et les hommes qui, dans ce même Madrid des années 1920, sacrifiaient leur vie (et parfois celles des autres) dans l'espoir de provoquer une véritable révolution sociale. Une histoire inspirée par la vie du célèbre anarchiste espagnol Buenaventura Durruti.

Comment se positionner face à ces hommes et ces femmes qui posent des bombes, qui assassinent au nom de la liberté, qui se battent mais qui doivent aussi assurer leur survie dans un monde où la pauvreté, l¹inégalité sociale et la violence font rage?

Une descente vertigineuse, aux allures parfois surréalistes, au c¦ur d'une époque trouble et explosive de l'Espagne. Un univers qui n'est pas sans rappeler, à l'échelle mondiale, notre situation sociopolitique
d'aujourd'hui...


Appuyez sur l’étoile
Texte de Christian Vézina et mise en scène par Hugues Frenette
au Théâtre Périscope, du 10 février au 6 mars 2004 à 20 h

Kim et Alex, deux « squeegees », veulent crier au monde qu’ils existent;
faire entendre à ceux qui se bouchent les oreilles qu’ils vivent, pensent,
espèrent et, quand on leur en donne la chance, qu’ils aiment. L’espace
d’une nuit, ils squattent un théâtre désaffecté pour en faire le lieu de
leur révolte. Leur arme : une vidéo qui s’emparera des ondes en plein
journal télévisé.
Réduits à la rue, à laver des pare-brise, sans aucune place dans la
société, les deux exclus ne semblent animés que par la colère. Mais ils
nous rappellent que derrière celle-ci, il y a l’amour; que face à notre
douleur, il y a l’autre, et qu’au milieu du noir de la nuit, il y a
l’étoile.

Humour et relation humaine
texte de Jean-Pierre Royer

Alex se sent rejeter par un monde sans cœur dont le personnage principal est son père. Un père qui n’a pas su lui donner l’amour dont il rêvait alors que son grand père lui en prodiguait autant qu’il en avait besoin. C’est ce grand père qui, à ses yeux, jouait le rôle du père parfait. Quant à Kim, elle est amoureuse d’Alex qui, à prime abord, reste aveugle à ses sentiments. Mais maintenant, que ce grand père est mort, Alex a l’impression qu’il n’y a plus personne pour l’aimer, du moins, c’est ce qu’il croit. Puis, après bien des tentatives pour faire comprendre au monde qu’ils existent, un événement survient et leur fait remettre en question leur propre rejet de ce que nous considérons comme la société dite « évoluée ». Voilà comment j’ai interprété cette pièce de Christian Vézina dont le texte est riche en humour et en messages subtils pour la société dans laquelle nous vivons.

Christian MICHAUD et Catherine LAROCHELLE nous ont livré une performance extraordinaire. Ils ont su nous rendre le texte de Vézina avec justesse et cette opinion est partagée par ceux qui m’accompagnaient pour ce soir de première. Michaud nous a très bien fait comprendre la misère psychologique de son personnage en nous poussant à nous interroger sur l’importance de la relation père/fils alors que Larochelle jouait à merveille le rôle de celle qui, avec un peu d’insouciance, tente de trouver de bons côtés à la vie, cette vie qu’elle veut embrasser malgré les embûches qu’elle lui apporte.

Ne vous laissez pas influencé par le type de personnage. Oui, ce sont des « squeeggees », mais même si vous avez une appréhension face aux marginaux, ceux-ci sauront atteindre votre cœur. Ils vous feront rire et réfléchir sur les événements qui peuvent les amener à vivre en marge de la société.

Vous vous demandez peut-être qu’elle est la relation entre cette histoire et son titre. Il n’y a qu’une seule façon de le savoir et je vous la recommande fortement : allez-y, ça vaut le détour !



Le désir de Gobi

Fascinant, mais tellement triste texte deJean-Pierre Royer

« Le désir de Gobi » c’est l’histoire de Nine, une jeune fille qui a eu une enfance atroce, le genre d’enfance que je ne souhaiterais à personne. Sa mère quitte le foyer familial ce qui affecte grandement Nine et son père. Ce dernier en perd le sens des valeurs et séquestre sa petite fille pendant un an. Enfermée seule dans une pièce, elle ne peut ni voir ni parler à qui que ce soit. Même son père ne lui adresse plus la parole. Son seul contact avec le monde extérieur est l’effleurement de la main qui la nourrit. Cette main qui passe la nourriture par une trappe pour ne pas avoir besoin d’ouvrir la porte. Le pire, c’est qu’elle considère ce qui lui arrive comme un châtiment qu’elle méritait.

Puis un beau jour, son père entre dans la pièce, ne prononce qu’un seul mot : « pardon », et se tire une balle dans la tête. Nine qui vivait (si on peut appeler cela vivre) déjà un désespoir immense, se retrouve seule au côté du cadavre de son père. Pour elle, c’est la fin du monde. Ce sont les voisins qui ont appelé la police à cause de l’odeur nauséabonde. Sans eux, elle serait probablement morte dans cette sordide pièce.

Maintenant sortie de cet enfer, elle doit réapprendre à vivre selon ce que la société appelle les règles standard. Mais comment une enfant qui a vécu une telle expérience pourrait-elle effacer ces moments de sa mémoire et vivre comme si rien ne s’était passé ?

Gravite autour de Nine, Colas qui se promène de foyer d’accueil en foyer d’accueil et qui, tout comme Nine, se réfugie dans un monde imaginaire rempli d’extraterrestres pour fuir la réalité de notre monde. Puis il y a le psychologue qu’elle appelle Morlock (celui qui se nourrit du malheur des plus petits). Lorsqu’il l’a aperçu pour la première fois, il lui a dit : « Tu es libre maintenant ». Mais la liberté n’est pas aussi simple. Il tente de lui faire quitter le monde imaginaire pour rejoindre le monde réel, de comprendre sa non-culpabilité dans cette aventure, de lui redonner goût à la vie, de la faire sortir de son calvaire.

Même s’il s’agit d’une pièce qui n’a pas été écrite à partir d’un fait vécu, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec la violence faite aux enfants tel que l’on peut lire régulièrement dans nos quotidiens.

Concernant le jeu des comédiens, j’ai été ébahi par sa qualité. Marc-André Charrette met de la couleur autour d’un sujet qui se veut des plus triste. Patrick Quintal nous a présenté un psychologue qui se soucie de sa patiente et non seulement quelqu’un qui donne son traitement. Quant à Catherine Rousseau, elle nous a livré une performance étonnante. Tout dans sa gestuelle et dans le ton utilisé était crédible, mais ce qui m’a le plus marqué dans son interprétation, ce sont ses yeux, elle vivait vraiment la vie de son personnage.

Certes, le sujet est ardu, mais actuel. Pour ma part, je recommande cette pièce à ceux qui n’ont pas peur de faire face aux problèmes que notre société peut engendrer et à ceux qui aiment les pièces qui font réfléchir.


Michel Nadeau, directeur artistique du Théâtre Niveau Parking, a reçu en novembre dernier, au nom de toute l’équipe de LENTEMENT LA BEAUTÉ, le Prix Coup de coeur Télé-Québec du Festival annuel d’innovation théâtrale (FAIT) 2003.
Ce prix du public souligne chaque année le travail d¹une compagnie théâtrale ayant participé à la dernière édition de ce festival, présenté depuis 2001 au Théâtre Hector-Charland de L¹Assomption.
Le récipiendaire de ce prix est déterminé par la compilation du vote des
détenteurs de passeports et des spectateurs du FAIT. Le Théâtre Niveau
Parking succède à la compagnie Les Deux Mondes qui avait gagné la faveur du public pour la pièce MÉMOIRE VIVE en 2002.

Le propos de la pièce, la mise en scène et l¹interprétation des comédiens ont captivé l¹esprit et le coeur du public lors du passage de cette production à L¹Assomption, le 30 avril dernier. La production a reçu un accueil similaire de la part des spectateurs et de la critique venus au Théâtre Périscope, en avril 2003.

LE TESTAMENT DU COUTURIER
texte de Jean-Pierre Royer
Monsieur Royal, un urbaniste aux grandes ambitions politiques, veut devenir le prochain maire de la Banlieue, une ville fermée, sans âme et sans amour, située dans un monde possible, un lieu où la sexualité n’est plus qu’une confession faite à son «psychothérapeute érotologique », où les rapports charnels sont bannis et les désirs étouffés. Dans ce « monde d’avenir » aseptisé, le passé est oublié et le présent s’enroule sur lui-même : le temps s’immobilise, prend racine. Dans cette ville secrète, à l’écart de l’Histoire un marchand de tissus achète et vend des données informatiques et des virus, tandis que les agents des Services sanitaires, les S.S., nettoient plus que les rues. Les exclus et les bannis, quant à eux, sont laissés à leur mort. Mais un jour, le patron d’une robe du XVIIe siècle vient bouleverser l’Ordre. En voulant compléter cette robe inachevée qui appartenait à un couturier atteint de la Peste, Mouton, un pauvre et mystérieux tailleur, tombe dans le piège d’un amour inavoué et, à son insu, met en branle des forces qui mèneront à la destruction de la Banlieue, voire à la Fin du monde.

Dès les premiers instants, je me suis demandé dans quelle aventure je m'étais embarqué. La scène d’un gris métallique, l’éclairage qui passait du noir total à la pénombre et la conversation qui n’allait que dans un seul sens sont les éléments qui m’ont amené à me questionner. Puis, après quelques minutes, j’ai compris la subtilité de cette pièce futuriste.Cinq personnages, se succédant tour à tour, sont magnifiquement interprétés par Annick Léger, une comédienne que j’ai découverte pour la première fois avec ce chef-d’œuvre. Il s’agit de :- Flibotte, le marchand de virus informatique et autres produits illicites;- Mouton, le tailleur qui nous fait découvrir le testament;- Royal, l’aspirant maire d’une ville dont la maladie est extirpée par l’exclusion des malades vers un autre lieu;- Miranda, la femme de Royal;- Yolande, la secrétaire et maîtresse libertine de Royal.Annick Léger nous débite un dialogue rempli de sens et sans réplique de la part de ses interlocuteurs, ils sont silencieux. La réplique est remplacée par des non-dits, par le noir total ou par un silence. Ce procédé, nouveau pour moi, demande aux spectateurs une ouverture d’esprit ainsi qu’une attention continue pour être certain de ne rien manquer. Pour bien marquer le passage d’un personnage à l’autre, elle utilise la magie de la gestuelle et de la voix, chaque personnage ayant son propre timbre et ses mimiques particulières. Seule sur scène, sans même un changement de costume, elle réussit avec brio à nous faire comprendre le passage entre les différents personnages. « Le testament du couturier » c’est un voyage entre deux époques, le passé et le futur. Une science-fiction qui nous amène à réfléchir sur notre avenir face à l’avancement du monde technologique et à la volonté humaine de faire la distinction ou une certaine séparation entre les biens nantis, les pauvres et les malades.Pour ma part, je n’ai pas vu le temps passer. Cette pièce dure près de deux heures et elle est présentée sans intermission. À la toute fin, j’étais ébahi par la prestation magnifique de la comédienne, par le texte subtil et plein de sens de Michel Ouellette et par la brillante mise en scène de Joël Beddows.



De l'amour et de l'humour
texte de Joshua Walker

La boutique au coin de la rue raconte la vie des employés d'une petite librairie.L'histoire prend place en Europe dans les années 40 et présente la vie professionnelle et amoureuse d'un groupe de jeunes ainsi que celle d'un homme mûr, le propriétaire de l'entreprise, qui n'a que deux passions : sa femme et sa boutique.
Une atmosphère tout particulier ressort de cette pièce qui parvient à faire rêver. Pour ceux qui ont vu le film "You've got mail", il s'agit d'une adaptation du même film ("Shop around the corner") qui a donné vie aux personnages attachants que l'on rencontre dans cette petite librairie.

Les comédiens s'en tirent assez bien pour donner vie au texte dans une mise en scène qui laisse à désirer. Il fait plaisir de voir un Jean-Louis Roux en grande forme qui sait impressionner le spectateur et qui insuffle une énergie incroyable à son personnage de patron un peu bourru. Les décors sont particulièrement beaux et très ingénieux. Le plateau tournant en trois parties donne un relief aux lieux où se déroule l'action et je suis d'avis que c'est un élément qui ajoute au spectacle. Les scènes d'extérieures sont particulièrement crédibles, sentant presque la neige et le froid nous toucher. Pour ce qui est de la trame sonore, je l'ai trouvée particulièrement intéressante et j'estime qu'elle permet d'ajouter à l'ambiance rétro. Il s'agit d'une pièce romantique qui comprend une bonne dose d'humour. La salle a ri de bon coeur à plusieurs reprises et une scène en particulier est tout simplement hilarante!

Par contre, j'ai été désolé de voir que la chimie entre les comédiens ne s'opérait pas vraiment et j'ai très peu cru aux liens qui les unissaient. L'un des personnages de la pièce doit être détestable et il projette plutôt l'image d'un bouc émissaire. Même la relation entre les deux héros manque de réalisme et je serais porté à attribuer la responsabilité à la mise en scène qui, je crois, a passé à côté de l'essentiel.

Je recommande tout de même cette pièce aux gens qui souhaitent se plonger dans une ambiance des années quarante et passer une soirée agréable.


 

Zone...une pièce renversante
Texte de Joshua Walker
Dans Zone, Marcel Dubé nous raconte, avec une étonnante justesse de sentiment, l'histoire d'un groupe de jeunes qui fait de la contrebande de cigarettes pour se sortir de leur condition de pauvreté.

La vie de Ciboulette, Moineau, Passe-Partout, Ti-Noir et Tarzan bascule lorsque ce dernier assassine un douanier pendant un transport de marchandise. Zone est une pièce passionnante qui est à la fois profonde dans son analyse sociale et parfois étonnante de légèreté dans ses touches d'humour sympathiques. Les personnages sont bien pensés et aucune ligne n'est inutile. On tombe en amour avec ce groupe de jeunes qui se battent pour réaliser leurs rêves et à qui le monde ne fait pas de cadeau.
Luc Chapdelaine interprète avec brio un Tarzan à fleur de peau. Il allie
merveilleusement courage, force et sensibilité pour présenter un
personnage plus grand que nature. Les scènes d'interrogatoires sont
fortes et leur rythme ininterrompu permet au spectateur de ressentir
toute la détresse du groupe d'adolescents. La majorité des comédiens
font une prestation remarquable, souvent physiquement demandante et ce
sont eux qui donnent la force au texte de Dubé.
De petites modifications ont été apportées pour moderniser le contexte de la pièce de manière très positive et cela contribue à créer un effet de réalisme.
Finalement, le choix de la salle Fred-Barry est tout indiqué car l'ambiance intimiste donne un relief particulier aux moments d'intensité qui emplissent littéralement la salle. Félicitations à l'équipe de comédiens (Luc Chapdelaine, Marie-Anne Alepin, Martin Fréchette, Jean-Dominic Leduc, Martin Gendron, Sylvain Castonguay, Jacques Rossi et Antoine Vézina) et à Mario Borges qui a fait une mise en scène tout à fait délicieuse!

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L'Enfant-problème Texte de Jean-Pierre Royer

L'Enfant-problème est une dramatique dans laquelle deux marginaux tentent de démontrer à une travailleuse sociale qu'ils sont maintenant aptes à reprendre leur fille qui leur a été enlevée suite à une dénonciation de la grand-mère face aux problèmes du couple (prison, drogue et prostitution). Dès le début, les bruits ambiants et la disparition d'un mobile au-dessus du berceau nous confirme la perte de l'enfant. Puis, les personnages font tour à tour leur apparition dans une chambre de motel délabrée. Chacun à leur façon, ils nous montrent un triste portrait de notre société que plusieurs d'entre-nous ne voulons pas connaître.

Cette pièce nous met en plein visage la misère des marginaux qui tentent de s'intégrer à une société dite « normale ». Il ne s'agit donc pas d'une fiction puisque ce malheur humain existe dans la réalité. Certes, il s'agit d'une pièce sombre mais elle est magnifiquement présentée.
On y voit la lutte constante de Denise (France La Rochelle) pour sa survie, pour récupérer sa fille. Cet enfant, c'est sa raison de vivre mais c'est aussi laraison de sa déchéance, la raison qu'elle utilise pour justifier qu'elle ne peut s'en sortir. On y voit également la résignation de RJ (Stéphane Allard) face à un changement de vie. Comme échappatoire dans les moments difficiles, il regarde les talk-shows télévisés et réagi durement aux sujets présentés.Gravite autour de ces deux personnages, Hélène (Lorraine Côté), travailleuse sociale autoritaire qui analyse la situation non seulement à partir de ce que son métier lui a appris mais aussi en fonction de ses croyances personnelles. Phillie (Pierre Gauvreau), l'alcoolique de service qui se fout de presque tout en autant que la vie le laisse tranquille complète ce quatuor. En fait, L'Enfant-problème c'est une confrontation entre les convictions personnelles d'une travailleuse sociale, la façon de vivre d'un couple de marginaux et les valeurs d'une mère. Cette pièce donne un bon aperçu de la difficulté d'adaptation du passage d'un mode de vie en marge vers une société dite « standard ».
La mise en scène de Patrick Saucier est impressionnante. L'utilisation des sons et des jeux de lumière est sciemment utilisée pour nous démontrer le passage du temps.
Quant aux jeux des acteurs, ils ne m'ont pas donné l'impression d'être des comédiens mais plutôt des personnages réels. Cette description peut vous donner l'impression qu'il s'agit d'une pièce difficile, voir même pénible pour le spectateur mais détrompez-vous. À travers toute cette tristesse, plusieurs moments forts nous permettent de rire à gorge déployée.

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Danser à Lughnasa

 
  L'histoire se passe en 1936. Cinq soeurs âgées entre 26 et 50 ans gagnent durement leur vie sur la ferme familiale en Irlande. Aucune d'elles n'a pu établir un couple durable. Seule Chris, la plus jeune, est en amour avec un homme, Gerry - charmeur irresponsable, avec qui elle a eu un fils, Michael, un enfant de l'amour. C'est d'ailleurs par les souvenirs de ce dernier que la pièce «Danser à Lughnasa» nous est présentée.
Les autres personnages sont :
· Jack, le frère revenu d'Afrique pour cause sénilité;
· Rose, la simple d'esprit;
· Maggie, le rire incarné, celle qui trouve toujours une devinette;
· Agnes, celle qui s'occupe de Rose et qui est un peu jalouse de Chris;
· Kate, la moralisatrice.
Les décors sont simples : une cuisine, un coin jardin et un immense champ empli de verdure et un petit chemin. Séparé par un champ visuel, ils font amplement le travail et nous donne un effet de profondeur fort agréable.
D'entrée de jeu, pour apprécier le spectacle, il faut s'imaginer les mentalités de l'époque et non celles d'aujourd'hui. Nous pouvons aussi faire un parallèle avec le Québec et faire abstraction de l'endroit. Les mêmes évènements auraient fort bien pu se passer chez-nous. Seul les noms de famille ou le nom des endroits auraient alors été différents. En fait, «Danser à Lughnasa», c'est l'histoire d'une vie de famille, une vie difficile dans laquelle la musique vient mettre un baume sur les malheurs quotidiens. Cette musique leur permet de passer quelques instants sous le charme et d'oublier l'ordinaire. J'ai adoré cette pièce. Le jeu des comédiens est excellent.
Au début, on a un peu l'impression qu'ils nous livrent un texte difficile de par leurs intonations puis, tout se place, leur langage devient nôtre et leurs voix deviennent réelles, comme si elles n'étaient pas sur scène mais bien chez-elles, dans leur demeure. Certaines scènes sont aussi ponctuées de moment de silence, un silence bénéfique et bien placé qui nous fait comprendre qu'à ces moments précis, ils s'interrogent ou profitent simplement de la chaleur des derniers rayons du soleil d'automne.
Je sais que les avis seront partagés car il y a même des gens qui ont quitté à l'entracte.
Toutefois, pour ma part, je recommande cette pièce à ceux qui apprécient un théâtre différent du vaudeville. Cette pièce m'a permis de me rappeler quelques bons moments de ma jeunesse même si à l'époque, mes parents ne se connaissaient même pas.
Texte de Jean-Pierre Royer
 

 



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